Purge ou changement
de liquide de frein
màj: 13/02/05
 
Difficulté 1 à 5 **
Temps passé 1 heure
Outillage Dispositif comprenant robinet ou clapet anti-retour, clé plate ou à oeil, tournevis cruciforme, chiffons, essuie tout papier
Fournitures Un demi litre de liquide de frein DOT, type 3, 4, 5 ou 5.1: respecter la préconisation constructeur
Fréquence Tout les ans ou tout les 30 000 kilomètres, voire moins, si utilisation sévère
Coût Environ 10 euros
Préliminaires

S'être préparé psychologiquement. :))

 

Quelques notions de base:

Le système de freinage d'une moto est des plus simple: un récipient est rempli d'un liquide, doté de certaines caractéristiques physiques comme, notamment, une grande résistance à l'échauffement.
Ce liquide, on va l'envoyer, via la poussée d'un piston, dans les durits du circuit de freinage.
Au bout de ce circuit, se trouve un ou plusieurs étriers, constitués d'une ou de plusieurs coupelles, qui vont être "poussées" par le liquide, un peu comme dans une seringue, mais à l'envers.
En se déplacant, ces coupelles agissent sur les plaquettes de freins, en les plaquant plus ou moins fort sur les disques dit "de frein".
L'effet escompté est de ralentir la moto grâce à ce frottement.

Or:

  • Le liquide (dit le "Lockeed") a la propriété de retenir l'eau et l'humidité, il est hydrophile (comme le coton...) et hydrophobe (c'est sa manie...)
  • Sur des freinages, dit "de trappeurs", répétés et soutenus, le liquide chauffe énormément et perd de ses qualités.

Il en résulte que l'eau absorbée au fil du temps par le liquide passe le plus souvent à l'état gazeux lors de ces freinages intensifs.
Les bulles de gaz se trouvant alors dans le réservoir de liquide, contrairement à celui-ci, sont aisément compressibles: la pression que l'on exerce sur le levier ou la pédale n'est plus transmise directement au piston, mais absorbée par lesdites bulles, donnant au levier une course "spongieuse" peu efficace.
En refroidissant, le gaz repasse à l'état liquide et le freinage redevient normal.

Donc, pour conserver un freinage optimal et toutes ses chances de rester en vie:

  • On devrait changer son liquide de frein le plus régulièrement possible. A mais.
  • Pas besoin de faire de dessin, de la qualité de vos freins dépend votre vie . Bordel.
  • C'est une opération simple, mais un poil délicate, accessible seulement à l'amateur soigneux. Poil aux yeux.
On met la nappe...

Première importante précaution à prendre: le liquide de frein contenu dans le réservoir étant trés corrosif pour la peinture, on protège généreusement à l'essuie tout papier tout ce qui pourrait être éclaboussé lors des manoeuvres, notamment le réservoir d'essence et le carénage, le cadre...
Faut pas mégoter, on est pas là pour rigoler.

C'est écrit en glaouiche...

Voici un réservoir de liquide de frein avant: on le repère facilement, il se trouve à droite sur le guidon de la moto....
On y lit généralement un truc dans le style "Warning, use only DOT 3, ou 4, ou 5", ce qui correspond au type de liquide à utiliser et seulement lui, car, par exemple, du DOT 5 ne se mélange absolument pas avec du DOT 4...

Ici, un réservoir de frein arrière, on le repère à sa forme ronde, sa matière plastique translucide pour mieux visualiser le niveau, son couvercle noir et un départ de durit vers un maître cylindre.
Certains maîtres cylindres de frein avant sont à réservoir séparé, comme celui-ci, sauf qu'il sera fixé sur le guidon, au dessus de l'ensemble levier/maître cylindre...
Donc: on ouvre le réservoir, soit en dévissant le couvercle...

... soit en ôtant soigneusement les quatre vis du couvercle.
Gaffe à ne pas foirer ces vis, elles sont encastrées et, avec la crasse, ont souvent tendance à se souder, c'est alors la galère pour les virer en cas de maladresse.

On aperçoit le fameux liquide: sa couleur naturelle est le jaune clair.
Là, il est brun, clairement trop vieux, trop chargé en humidité, à changer d'urgence!

On passe ensuite à l'étage inférieur, c'est à dire au niveau de l'étrier de frein, prés des disques: pour une purge de l'avant, on se placera au niveau de l'étrier de gauche, c'est à dire celui qui est le plus éloigné du bocal de liquide, et pour une purge de l'arrière, en face de l'étrier unique.
Aprés avoir repéré la vis de purge, repérable à sa forme "olive", on lui ôte son capuchon protecteur, que l'on veillera à ne pas perdre...
Comment çà ma moto est sale !? Mais non, c'est la photo qu'est mauvaise... :))

Puis, l'on branche sur cet orifice de purge, un petit tuyau silicone transparent.
Pourquoi transparent ? parce qu'il va falloir voir à travers...
Pourquoi silicone ? parce que c'est extensible et que c'est mieux pour l'adapter à la vis de purge...
Le dispositif ci-contre comprend, outre le tuyau silicone, un robinet d'arrêt type aquariophilie, un pot en verre et son couvercle, traversé par le tuyau.
Pourquoi un robinet d'arrêt ? pour ne pas avoir à toucher à la vis de purge, fragile, et parce que plus pratique que de manier la clé...

 

C'est bô la tèchenique...

Autre exemple de dispositif, que j'utilise, encore plus efficace, et qui comprend en lieu et place du robinet, un clapet anti-retour.

Environ 20 euros chez votre accessoiriste préféré, un excellent investissement, croyez moi.

Cas particulier d'un système de freinage ABS: on branche d'abord la durite non pas sur l'étrier, mais sur l'un ou le répartiteur...

... en plaçant le récipient comme on peut...

Cà sert à tout, du carrelage bien coincé... :))

 

Autres types de dispositifs:

  • à la seringue: on introduit à l'aide de la poussée d'une seringue, le liquide par le bas via la vis de purge.
    C'est plus logique, l'air ayant une tendance naturelle à aller vers le haut, mais perso, je n'aime pas trop, sous la pression, la durit à trop souvent tendance à dégager de la vis de purge ou de l'embout de la seringue, résultat, le liquide gerbe partout, c'est la cata, z'êtes bon pour tout nettoyer.
    Bref, pinces durites obligatoires.
  • sous pression: dispositif pro ou cher, chez votre concess, mais on avait pas dit qu'on le faisait nous-même ?

Une fois le dispositif installé:

Scroutch.... On dévisse, d'un quart de tour, pas plus, la vis de vidange de l'étrier gauche, ou de l'étrier arrière, ou du répartiteur, suivant le cas envisagé.
Sur la photo, j'utilise une clé plate, parce qu'avec le robinet ou le clapet, je ne touche plus à cette vis qu'à la toute fin des opérations, mais si vous faites çà "à la papa", optez plutôt pour la clé à oeil, qui aura l'avantage de rester bien en place pendant que vous irez tripatouiller ailleurs.
C'est un avantage pas négligeable, comme dirait l'autre...
Puis direction l'étage supérieur, où l'on va presser doucement le levier (ou la pédale, si purge de l'arrière, hûhûhû)... faites çà vraiment doucement, mais régulièrement, la pression à tendance à faire gicler le liquide un peu partout, et surtout là où vous n'aurez pas protégé...
Le but, c'est de chasser le liquide du bocal vers le récipient, via la durit pour que...
Blop-Blop... ...un étage plus bas... çà commence à sortir tout doucement...
Spouitch...

Trajet du liquide: survolez l'image (ceusses qui ont désactivé java devront faire un effort d'imagination ou se moderniser...).
On comprend mieux, pas vrai ?
C'est bô la tèchenique... :))

   

A CE STADE DES OPERATIONS:

  • si vous disposiez d'un clapet anti-retour sur le dispositif, vous pouvez complètement relâcher le levier dès lors qu'il est arrivé en butée, puis le serrer à nouveau jusqu'en butée, ceci jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de bulles d'air qui apparaissent dans le tuyau: le circuit est alors purgé et on passe à l'étape suivante.
  • si vous aviez disposé un robinet d'arrêt sur le dispositif, juste avant d'arriver en butée avec le levier de frein, vous devez fermer ledit robinet, ceci afin de ne pas réaspirer les bulles ou le vieux liquide: un maître cylindre de frein, çà pousse le liquide, mais çà l'aspire, aussi. Puis, on relâche le levier. Puis, on réappuie sur le levier tout en ouvrant le robinet.
  • si vous en êtes encore à fermer la vis de purge à la clé, la méthode est la même qu'avec le robinet, en moins pratique, il vaut mieux se faire aider par son pote aux deux mains gauches, un qui appuie sur le levier, l'autre qui ferme la vis en bout de course du levier. Je vous conseille la clé à oeil plutôt que la clé plate, elle restera bien mieux en place durant l'opération.
La tècheunique, en images (survolez-les pour mieux comprendre) :
1- On presse le levier.... + ... tout en dévissant la vis de purge sur l'étrier... ... on presse presqu'à fond, et... ... avant d'arriver en butée du levier, on resserre la vis de purge.
2- On relâche le levier et on enlève sa main de là...        
3- On presse le levier et on répète l'opération. + ...en dévissant à nouveau la vis de purge sur l'étrier... ... en pressant presqu'à fond, et... ... avant d'arriver en butée du levier, en resserrant la vis de purge... et ainsi de suite jsuqu'à obtenir une poignée ferme.

1 - appui+ouverture>appui>fermeture>

2 - relâchement

3 - appui+ouverture>appui>fermeture>

etc...

Capito ? :))

Bon, c'est là que se situe la difficulté de ce coup de main: être assez coordonné dans le mouvement pour, tout en pressant doucement le levier, fermer le circuit au bon moment avant d'arriver en butée...

Gloup... gloup...

ATTENTION !!

TRES IMPORTANT !!!

 

Durant toute l'opération de pompage, il ne faut JAMAIS laisser le réservoir de liquide se vider complètement, sous peine de voir de l'air rentrer dans les durites et ainsi désamorcer le circuit: tout serait alors à recommencer...

Blop... Blop...

On aperçoit bien ici les bulles d'air à la sortie de la vis de purge... une fois passées le clapet anti-retour, elles ne reviendront plus!!

La vie des bulles d'air, c 'est merveilleux...

Scrouitch...

Une fois que l'ancien liquide (brun) a été complètement remplacé par le neuf (jaune clair) et qu'il n'y a plus de bulles qui sortent lorsqu'on pompe: on resserre la vis de purge.

Pour un système à plusieurs étriers ou doté de l'ABS, on répète l'opération sur le deuxième étrier, ou sur l'étrier de gauche puis de droite.

   

ENFIN:

Quand tout les éléments auront été correctement purgés:

  • on replace la protection de la vis de purge
  • on vérifie le niveau de lockeed dans le réservoir: attention, si vos plaquettes ne sont pas neuves, ne remplissez pas jusqu'au niveau maxi, car au prochain changement de plaquettes, vous seriez obligé de le vidanger...
  • on referme le réservoir de lockeed
  • on va effectuer un essai sur route: route de préférence dégagée et sans danger, à allure modérée on fait quelques freinages prudents, pour test... le levier doit avoir retrouvé sa fermeté et perdu sa course molle.
    Il peut arriver, notamment s'il s'agissait d'un premier remplissage -un changement de durite par exemple- que le circuit ne soit pas parfaitement débarrassé de ses bulles d'air: dans ce cas, l'essai routier va les faire se décoincer et le plus souvent remonter dans le réservoir.
    Il faudra alors recommencer l'opération, jusqu'à l'élimination complète et définitive de toutes bulles d'air.
Voilà, terminé, bons freinages de trappeurs (pure expression de crotteux, ndlr) !!!
Vous avez un peu de temps et vous voulez en faire plus ? changez vos plaquettes de frein, ça ne mange pas de pain, surtout si elles sont usées... :))