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Explosion...
Par Marc

Mise à jour: 1er novembre 2010
 
 

"Morbleu, l'heure, avez vous l'heure ?"

Les dix scripteurs jetèrent tous un oeil à la pendule Winsley. Il était 19h32 GMT.
Charles-Baptiste De Lavallée était figé.
Cela faisait maintenant 12 minutes que le traitement de calcul des payes des ouvriers de la Compagnie Générale de Communications Marines aurait du être lancé !
Les scripteurs regardèrent en retour CBDL, le visage rouge de fatigue et de chaleur.
12 minutes de retard !
La honte pour le Service d'Information et de Calcul Mécanique.
Un grand silence régna dans la pièce.
Seules les ronronnement des machines de Babbage de premier niveau se faisaient entendre dans le fond.
"Au travail, au travail messieurs, il faut finir la programmation vite !!"
Les scripteurs se regardèrent, puis reprirent d'un seul homme le poinconnage des cartes.
Charles-Baptiste sentait la sueur coulait dans son dos. Son col raide d'amidon le grattait furieusement et ses favoris semblaient le demanger comme une colonie de fourmis.

La catastrophe !

Giap, un miniscule indochinois des comptoirs d'extrème orient, débarqua en furie dans le bureau.
Sa redingote était de travers et son chapeau haut de forme défraichi.
"Monsieur De Lavallée, le cond'ucteur de la navette  pas là !
"Nous allons pas pouvoir livrer codes de calcul à temps !"

Une chape de plombs tomba dans la salle.
Quelle semaine ! Mais quelle semaine !
Le télégraphe de transmission en panne, la grève des ouvriers du textile bloquant toutes les portes de Paris, et maintenant le conducteur de la navette rapide n'était pas là!
De Lavallée sentait son courage fuir.
C'est fois, c'est sur, le Conseil Exécutif le jetterait à la porte.

Dans 20 minutes environs, les machines de Babagge du Centre de Calcul Intercompagnies de Montrouge seront à pleine pression pour lancer les calculs scientifiques.
De Lavallée voyait déjà les cheminées du CCIM cracher à plein régime des tomberaux de vapeur, et juste en dessous,le Regisseur lui refusant toute possibilité de lancer ses calculs.
Les relations entre le CCIM et la Compagnie n'avaient vraiment pas besoin de cela.

"Giap, les cassettes mécaniques sont déjà sur place au moins ?"
Giap, qui carressait molement son chapeau fut surpris, refléchit et dit:
"Oui. Elles livrées semaine dernière par tracteur blindé".
De Lavallée prit sa respiration.
Il n'y avait qu'une solution : la cyclovapeur !!!!
"Giap rester ici, je vais faire chauffer ma cyclovapeur. Des que les cartes seront prêtes, vous envoyez un pneumatique au garage, et je passe vous prendre. Nous allons y aller en cyclovap..."

Giap blanchit, et senti les regards des scripteurs braqués sur lui sous leur casquette.
Il detestait le cyclovap, et d'autant plus celui de DeLaval !
DeLaval comme les employés du service appelaient derrière son dos ce fils de Haut Fonctionnaire de normandie, était réputé pour son inconscience en cyclovap.
Et quel cyclovap ! Un foyer de 0,5 m3 !
Une puissance infernale et une vitesse de pointe de 83,7 km/h !!!!!!!
Un monstre qui terrorisait toutes les bonnes âmes bien constituées.
Mais Giap, fidèle à sa réputation d'homme courageux n'hesita guère.

"Bien Monsieur De Lavallée."

"A la bonne heure, répondit De Lavallée, je file !".
Il jetta sa redingote sur son bureau, retira ses chaussures et mit sa combinaison de cylovapiste.
D'un bond il prit son casque en cuir, ses lunettes en vitro-blindage et se précipita dans le couloir.

L'ascenseur à vapeur n'était pas là.
Tous les employés le regardèrent.
De Lavallée, avec sa morgue habituelle, ne pouvait pas rester immobile.
Il prit donc l'escalier.
Arrivé en bas, il traversa rapidement la cour, où les charettes de cables trans-océanique allaient aveuglément d'une partie de l'usine à l'autre où des milliers d'ouvriers travaillaient encore.
Si jamais ils apprenaient que leur paye ne serait pas distribuée demain, c'est sûr, les socialistes et autres syndicalistes clandestins en ferait leur beurre.

Sa cyclovapeur était là, à coté de l'autovapeur du Comptable Général.
Elle est belle, s'émut De Lavallée.
Avec ses roues pleines en acier inoxidable et son moteur à vapeur en cuivre.  
Sa selle en cuir marron tannée par le temps et son phare à vapeur de mercure.
Une Hampton & Hampton mark III Racing...
Un modèle de course.
Une folie.
Son père, ce vieux conservateur lui avait reproché.
Il l'avait prévenu que ce type d'engin le marginaliserait au sein de l'entreprise où il lui avait trouvé une place....
Qu'importe, de toute facon, cette place, il la laisserait dès qu'il pourrait !
Il voulait voir l'orient, l'asie, l'océanie sur les routes, vivre de peu et avoir milles aventures.
Ces philosophes maudits et autre ludistes lui avait mis le cerveau en marmelade jurait le vieux De Lavallée dans le secret des alcoves du parlement de Normandie.

Qu'importe, l'heure n'était plus à la reflexion, mais à l'action.
Dans un premier temps, vérifier le niveau d'eau !
De Lavallée se mit à genou et osculta la jauge.
Plein fait.
Etape numéro deux, le combustible.
De Lavallée prit les commande de sa cyclovapeur et poussa en avant.
Le clong de la bequille retenti : il fallait tenir les 280 kilos et les amener à la pompe à combustible situé à l'autre bout du garage.
La distance n'était que de 6 metres, mais suffisante pour la faire tomber, et par la suite toute possibilité d'arriver à l'heure !
De Lavallée fit donc très attention.
Une fois auprès de la pompe à combustible, il ouvrit la chaudière et y versa du Charbon Liquéfié.
En même temps il chercha dans manteau en peau de buffle son briquet à amadou - special compétition -.

Un coup d'oeil à la pendule de l'usine. 19h38 GMT...

Vite ! Vite !

La cuve à peine remplie, De Lavallée se coucha, ouvrit le foyer, amorca la mèche d'amadou et ouvrit le robinet de diffusion.
L'odeur nauséeuse du Charbon Liquide se répendit discrétement, puis violemment !
Maintenant !
De Lavallée glissa la flamme dans le foyer, et un brouf feutré témoigna de la réussite de l'allumage.
De Lavallée se releva , regla la combustion au guidon, lorgna la sonde de température.
Dieu soit loué, le Charbon Liquide de la Société Loraine de Carbochimie Industrielle & Associé faisait des miracles.
La mise en température se ferait dans 2 minutes.

De Lavallée, pris son casque et attacha la jugulaire.
Puis remonta son col en fourrure de loutre, ne laissant apparaitre que ses moustaches gominées.
Il passa ces lunettes en vitro-blindage, technique héritée du front des Balkans.
Il mit un gant, puis l'autre les accrocha par un petit crochet en laiton à ses manches.
Il était prêt !
A ce moment là, le bruit d'un tube pneumatique se fit entendre.
De Lavallée se dirigea vers le terminus de courrier pneumatique, se maudissant d'avoir à retirer ses gants.
Le message était fort simple "Prêt . Giap"

19h42 GMT.
De Lavallée couru vers la H&H.
La pression était tout juste à niveau, mais suffisante.
Il passa la première au pied, une innovation H&H qui rendait cette moto unique!
Une bizzarerie qui faisait remarquer son monstre aux banquets des cyclovaporistes organisé cà et là: un système sans avenir, mais terribelement efficace.
La H&H remplit l'air d'un Bouf-Bouf rageur et fila par petit sauts jusqu'au pas du bâtiment des Services Généraux.
Giap était déjà là, redinguote troquée contre une combinaison de travail de Haute Mer en cuir grossier, et un casque intégral en bambou recouvert de caoutchou pris nul ne sait où.
Il portait la petite sacoche blindée contenant les nouveaux codes de calcul.

"Allez Giap ! Montez".
Si Giap eu été un bon chrétien, il eu fait un signe de croix, mais il faisait partie de la minorité indochinoise boudhiste que l'Empire avait accepté à venir étudier le calcul mécanique en France.
Aussi passa t'il les préliminaires et sauta sur le strapontin à l'arrière.

Bruuuuuuuuuuuup, Bruuuuuuuuuuuuuuuuuuuup.
La corne de brume résonna dans la cour.
Le gardien couru dehors pour ouvrir les portes de l'usine.
D'un coup sec, De Lavallée mit son phare en fonction, une etincelle électrique mettant feu au gaz de mercure.
Le gardien, apeuré par cet engin de malheur au bruit de moteur de bateau s'emballant, se retrouvé épinglé par le faisceau comme les dirigeables de bombardement sur le front des Balkans.

Paris se dévoilait à eux, et la aiguilles de titane des pendules Winsley courraient toujours.

De Lavallée était prêt pour le défi.
Giap ferma les yeux.
Le moteur cracha un grand jet de vapeur.
C'était parti !

La H&H entra sur la voie en furie.
Les badauds qui trainaient toujours devant la compagnie, espérant voir les ateliers fonctionner, firent tous un bond en arrière.
Le bruit était terrifiant, et rappelait à beaucoup celui des cyclo-blindés légers des forces de sécurité qui s'abatirent lors de la 3eme Commune ou lors des manifestation ludites.

De Lavallée tourna la poignée, regardant le compte tour s'envoler pour passer la seconde.
Une erreur de débutant, car il vit au dernier instant le remouleur qui, paisiblement, traversait avec sa petite charette à bras le boulevard Sébastopol.
Surpris puis furieux, De Lavallée fit faire un bond à la H&H pour éviter l'idiot.
Giap cria quelque chose dans sa langue natal que De Lavallée n'aurait de toute facon pu entendre.

Bruuuuuuuuuuuuuuuupppppppppppp, bruuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuup.

De Lavallée prit de la vitesse et commenca à virevolter à 30 mk/h entre les vapobus, tramways et autre autovap.
Il était sur la partie interdite aux hyppomobiles et se savait à l'écart des crottins de cheval.

Il mit machine toute !

La H&H bondit en avant alors que les cornes de brumes des autres usagers résonnaient en tout sens.
Giap lui tapa sur l'épaule et tandis sa main vers la droite : Des Sergents de Villes le regardaient bouches bées...
Morbleu, voila qu'il risquait d'avoir des problèmes avec l'Ordre Public !
De Lavallée ne se posa pas plus longtemps de question : la paye ou la révolution socialiste, le choix était vite fait.
La paye!
Il passa en trombe devant et se surprit à faire un signe de la main.
Giap hurla "Vous Fou Delaval !!!!!!!".
Un coin du cerveau de De Lavallée enregistra l'usage du surnom par Giap.
Et tandis qu'il donnait encore un coup de frein à machoire de fonte pour négocier les quais et ses pavées glissants, il se dit intérieurement qu'il ne lui tiendrait pas rigueur.

Tressautant ensemble au rythme des pavées et des appels de corne, il attaquèrent le pont, passèrent sur l'ile de la cité, vrombissant devant l'ancien palais de justice -palais de la gouvernance désormais- laissant la garde impériale indifférente et arrivérent à bon train dans le quartier latin.

Le Brouf-brouf-brouf rapide de la H&H rebondissait sur les murs noirs du quartier subversif.
Les étudiants, reconnaissables à leurs vétement de mauvais draps, restèrent relativement indifférents eux aussi à son passage en trombe.
De Lavallée le nota dans un coin de sa tête, tout en bloquant la roue arrière pour se glisser entre deux trams alors que Giap continuaità crier des choses en indochinois.

Cette indiférence était signe de préoccupation et de conspiration.

Il faut dire que la guerre dans les Balkans contre la Russie faisait grincer les dents des Sujets du 5eme Empire !
De Lavallée y avait été en qualité d'officier Calculateur deux mois durant.
Le peu qu'il avait vu du front, quand il intervenait sur les machines de Babagge des pièces d'artillerie lui avait fait forte impression.
La plus forte restant tout de même ce coup au but des russes sur le canon à coté de celui dont il récurait les engrenages de calcul.
Tous les servants d'artilleries avaient eclatés sous l'impact, et lui même s'était retrouvé avec un éclat d'obus dans la jambe.
Cela lui avait donné le ticket retour.
Mais aussi avait commencerà le faire douter de la politique impériale... et de la vie en général.

A la sortie, il avait trouvé cette place dans la Compagnie grace à son père, mais ne s'y sentait pas particulièrement bien.

La H&H volait toujours au dessus du pavé.
Le compte tour indiquait 700 T/minutes.
De Lavallée la poussait au bout de ses capacités, et il en fut convaincu quand le cynometre lui indiqua 91 km/h.

91 km/h dans Paris !!!!!!!!

De la folie.

Giap ne disait plus rien, convaincu de sa mort prochaine ou résigné.
De Lavallée le plaignit un peu.
En jettant alors un oeil sur le miroir qu'il vait fait rajouter à la fourche, quelle ne fut pas sa surprise !!!!

Une autre cyclovap le rattrapait !!!!

Sa première pensée fut pour les Sergents de Ville Cyclovaposrisés.
Mais ils ne roulaient que sur des machines allemandes, poussives et de technologie complétement tombées en désuétude.
Non, la couleur jaune citron indiquait plutôt une... une... Morbleu, les vibrations trop importantes empéchaient De Lavallée de mieux distinguer la géométrie de cette cyclovap.
"Regarde devant, regarde devant... " se fustigea De Lavallée.
Mais Giap lui détaillait méticuleusement la soeur de folie qui cahotait derrière eux.
Le pilote était tout petit, et sa combinaison toute simple.
Par contre, son phare projettait un éclat plus faible mais le bruit surtout était différent, comme une chaudière en train d"exploser.

De Lavallée approchait de la porte d'orléans et se mit à ralentir en pensant au poste de garde qui filtrait les entrées et sorties de Paris.
Apparemment, le conducteur de la cyclovap en connaissait pas son existence, car il passa alors comme un obus de 23".
De Lavallée faillit en avaler sa moustache !
Il n'y avait pas de chaudière !!!!!!!!!!*
Et la fumée qui en sortait, bleue et légère, sentait l'huile !!!!!
Mais , mais....
Le brusque freinage de la ... de la quoi d'ailleurs, de la chose à deux roues le surpris à nouveau.
Le poste de garde apparaissait enfin.
Il fit chuter la pression et s'appréta à s'arrêter le temps de montrer son passeville et sa carte d'officier.

Les gardes étaient déja autour de la drôle de machine.
Curieux, alors que manifestement le cyclovapiste, puisqu'il faut bien lui donner un nom, semblait ravi de montrer moulte chose et moulte chose aux intéressés

Les gardes ne jettèrent même pas un regard sur les papiers des deux calculistes mecaniques.

De Lavallée mourrait d'envie de descendre et discuter avec le conducteur de cette étrange engin, mais Giap le ramena à la réalité.
"Nous dans le temps, nous sommes dans le temps".
Effectivement, au loin, les cheminées  Centre de Calcul Intercompagnies de Montrouge barraient l'horizon de leur nuage de fumée.
Alors De Lavallée sentit comme un engrenage se remettre en place dans sa tête.
Comme une délicate horloge qui se remet à battre après avoir été bloquée par un courant d'air.

Comme une libération.

Il mourrait d'envie de voir cet engin de prêt et se sentait ridicule dans son rôle de coursier calculiste.
Il enclencha la première et remontat à fond de piston le boulevard qui menait au CCIM.
Les gardes se tournèrent surpris vers ce cyclovapiste enfiévrés.
Peut être eurent-il peur de voir ce minuscule indochinois tomber à la renverse ?
Toujours est t-il que De Lavallée s'arrêtat dans un nuage de suie à l'entrée du Régisseur déjà sur le pas de la porte, faisant signe de se presser.
Giap descendit d'un bond et commenca à courrir vers ce salut, car il était dans les temps, au péril de leurs vies, mais dans les temps.

"Tuong ! " cria De Lavallée.
Giap s'arrêta dans sa course.
On ne l'avait jamais appelé par son prénom depuis son arrivée...

Il fit demi tour lentement...
"Oui... Monsieur De Lavallée..."

"Tuong, vous vous plaisez ici ?"
"Bien sur Monsieur De Lavallée..."
"Ca vous dirait de prendre ma place ?"
Giap le scruta, persuadé que le pauvre homme venait de perdre la raison...
"Sérieusement, ca vous dirait de prendre ma place, la direction du service."

Giap ne comprenait pas.

"Alors..."
Au fond, le régisseur du CCIM levait les bras au ciel....
Giap regarda De Lavallée, et dit "Oui, oui ca me dirait, je rêve que l'on me laisse enfin faire des choses avant de renter chez moi..."
De Lavallée bequilla la moto, retira ses lunettes, et s'avanca vers Giap.
Il le prit par les épaules, et comme dans les livres de sa jeunesse, ou dans les kinéscopes il dit théatralement :
"Tuong, je vous la donne... J'ai toujours été un sale, un sale... un sale con ! Je n'ai jamais mérité ce poste par mon travail. Vous oui.
Je vais transmettre ma démission ce soir au Directeur Général et vous recommander pour ma succession ! "
Giap hésita , et dit:
"Mais je, je suis indochinois... jamais ils ne voudront..."
De Lavallée senti une crise de rire nerveuse.
"Ont-ils le choix ?
Vous seul connaissez parfaitement le fonctionnement de nos machines.
Ce ne sont que des vieux conservateurs impérialistes, mais ils savent où se trouvent leur intérêt, et leur intérêt, c'est que vous fassiez tourner nos codes.
Et vous êtes le seul à pouvoir le faire, je vous le répête."

Giap réflechit rapidement, pesant le pour et le contre,l'effort à venir dans cette société rigide dont il n'était que le citoyen d'un protectorat, l'opportunité que cela représentait en échange.

Giap était connu pour son efficatité et sa rapidité.

"Entendu. C'est entendu Monsieur De Lavallée..."
"Laissez tomber le monsieur De Lavallée, il en a marre d'être De LAvallée, appelez moi Charles-Baptiste... ou même ChaBa... c'est mon nom de cyclovapiste " dit en rigolant doucement.

"Et bien , va pour ChaBa..."
A ce moment le regisseur arriva à leur niveau...

"Bon alors ces codes, c'est pour aujourd'hui ou pour demain ???"
Giap se retourna vers lui et entreprit de les porter directement en salle de calcul.

"Euh... Tuong ? "
"Oui Mon...ChaBa ?"
"C'est beau chez vous ?"
"Magnifique. Magnifique"

De Lavallée regarda ces pieds, fit un grand sourire désabusé et dit:

"Alors je crois que je vais y aller en cyclo vap"

Giap le regarda encore à nouveau, il ne savait pas si il fallait le prendre au sérieux ou l'enfermer dans l'asile de Kremlin Bicetre.

"Mais qu'est ce que vous allez faire ... ChaBa ?"
"Et bien, je vais vider mon compte, prendre mon sac à dos, mon passeport, et voir comment tourne le monde..."

Il reprit sa moto, la bascula avec peine pour la remettre à la verticale, remit un peu de pression...

"Mais d'abord, je vais aller jeter un coup d'oeil sur cette vapo là bas.
Ca me revient maintenant.
C'est un nouveau truc, mais c'est sans avenir sûrement....
Il appelle cela le moteur à explosion... a explosion, pffffffffffff."

Et il repartit, machine toute...



8:0) cram TeXeD
- bruuuuuuuuuuuuuuuuuuuuup, bruuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuup -
"La réalité, c'est ce qui refuse de disparaître
 quand on a cessé d'y croire." (Philip K.Dick)