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La Vraie Motarde ...
Par Pyrou

Mise à jour: 1er novembre 2010
 
 

Hello !


J'ai beau avoir une tendance franchement kudacié et situer à peu près comment gigote un vilebrequin, je ne suis pas une vraie.

Pas la vraie comme vous la pensez.

J¹ai constaté dernièrement que le camping, non décidément ce n¹est pas pour moi.
D'autant plus en moto.

Et j'ai eu droit au set complet :

- bagages soi-disant harnachés sur la moto qui se bringuebalent dans tous les sens à la moindre bosse,
- tapis de sol qui glisse sur le pot pour y fondre,
- arrivée au camping le soir de l'élection de miss Macumba Club 2003 avec les chauffards avinés de sortie,
- défaite à l'élection de miss Macumba Club 2003,
- traversée du camping à la Maglight avec les bottes qui atterrissent dans l'unique flaque de boue présente à 50 kilomètres à la ronde,
- installation de la tente dans le noir sur un bout de terrain trouvé au hasard,
- tentative de trouver de sommeil au milieu de tous ces insectes que je n'avais pourtant pas invité à partager ma nuit,
- voisins de tente expressifs (ça c'était le jeune couple à gauche),
- voisins (ceux de droite) qui s'installent à 2 mètres 50 de ma tente au petit matin avec le chien, les marmots, la belle mère et Julien Courbet à fond à la radio,
- son des tongs des voisins qui claquent,
- traversée du camping la tête en vrac, le rouleau de PQ à la main et la serviette sur l'épaule,
- attente aux douches avec l¹interrogatoire de circonstance : « c'est vous la motarde ? », « vous venez d'où ? », « vous allez où ? », « c'est dangereux la moto ?», « le petit frère du cousin de mon coiffeur s¹est tué en moto », etc etc.
- papys lubriques et ventrus matant la motarde en cuir s'échinant à replier sa tente qui pourtant rentrait dans ce putain de sac dont la fermeture éclair vient de sauter à l'aller,
- marmots jetant des pierres sur ma moto, etc etc.


Sans compter le repas offert par les voisins de droite, ceux avec la belle mère qui passe son temps à ranger dans la tente, les marmots sur excités qui veulent jouer à Tekken avec mon casque et la radio au son trop aigu qui crache le dernier tube de Lorie :
- oeufs durs pas assez cuits qui tombent dans la terre,
- nappe rouge à gros carreaux,
- vinaigrette industrielle figée par le froid dans la glacière,
- chips écrasés par le petit dernier qui s'est assis dessus à l'arrière du scénic,
- sopalin qui s'envole
- fourchette en plastoc qui se casse, opinel mal aiguisé qui découpe le fond de l'assiette en carton avec marqué I love le Mont St Michel dessus,
- verre en plastique de rosé chaud, percé,
- merguez qui transpire attaquée par les mouches comme par une escadrille à Pearl Harbor,
- salade de riz en conserve,
- commérages sur les nouveaux néerlandais qui sont arrivé il y a 3 ans etc etc.

Non vraiment c'est pas pour moi, je ne suis pas cette « vraie motarde » là.
Moi je suis une chochotte, une caille, une minette qui a peur de se casser un ongle en changeant son câble d¹embrayage et met des gants pour faire sa pression de pneus.
Le camping n'est susceptible de me plaire qu'en concentre et encore, déjà il faut que ce soit pour une courte durée et que les voisins soient silencieux.
Sinon je crie et je réveille tout le monde.
Ensuite il faut qu'avant mon p¹tit déj, je ne sois pas réveillée par des sons de motos et que personne n'ait pissé sur mes bottes dans la nuit noire.
Et surtout il faut que la météo soit clémente et qu¹il y ait toujours du papier dans les toilettes.

Et dire que je me suis inscrite à la Wedconcentre en Camping.
J'ai peur.
Et dire que la Wedconcentre a lieu au nord d'Avignon et que par conséquent je vais avoir froid.
Et dire que je n'ai plus de bons de réduc'chez Baygon et que ma toile de tente n¹est pas étanche.

En plus à ce qu'il paraît on aura droit à une surprise.
Seulement voilà, moi j'aimerai bien savoir si je dois prévoir mon scaphandre, mon deltaplane, mes chaussures de ski, mon casque de spéléo ou juste une paire de baskets, une trousse de secours spécial balade en Amazonie, des balises Argos et un p'tit papier dans mon porte feuille avec écrit dessus « si il m'arrive quelque chose, dites rien à mon père pour ne
pas qu'il s'inquiète, prévenez mon frangin adoré et dites à ma mère que finalement c'est pas grave, je ne lui en veux pas ».

Non j'ai beau essayer de jouer à la vraie motarde, je suis juste bonne à rouler et à casser les pieds des orgas pour mes repas.
M'en fiche, je suis chiante mais à ce qu'il paraît c'est ce qui fait mon charme.



Pyrou