C
 

Western Motard ...
Par Patrick

Mise à jour: 1er novembre 2010
 
 

Ci-aprés, une belle démonstration de "flammage", one shot, one hit, one kill...


V à toutes et à tous : Vroooo vrooo, le martèlement du twin étrangement amplifié par le réservoir me rappelait que lui aussi avait soif, heureusement les quelques centaines de kilomètres joyeusement viroleux de la route m'avaient amené à bon port, où plutôt en cette taverne hors du temps et de l'espace couramment définis par la science: la F.R.M.

Voyageurs interstellaires, diplômates de civilisations éteintes et autres arsouilleurs en tous genres venaient régulièrement y faire escale afin de gouter à la spécialité de la patronne, les bonnes auberges sont toujours tenues par des femmes, j'ai nommé le "Gras de Kundun", boisson huileuse et légèrement fermentée qui ouvre l'esprit, aiguise les sens et qui est au pilote ce qu'une réfection de la chaîne de distribution est au moteur vagabon : une résurrection.

Etrangement, alors que je rangeais ma belle, le TripMaster de mon xrV passa de lui-même en mode "détecteur de con^H^H^H mal-comprenants" en affichant un indice record alors que la double-optique à iode de la bête se braquait hargneusement sur l'entrée de la taverne.
L'instinct du fauve des steppes ne pouvait être mis en doute : le côté obscur de la force était à l'oeuvre dans ces lieux, malgrés les chants joyeux et la lumière tamisée qui me parvenaient au travers des persiennes.
Je vérifiais mes armes et pris un chargeur de plus pour rassurer ma douce tigresse, elle ne m'aurait pas laissé entrer autrement. Je flattais affectueusement son encolure puis poussais les deux grands battants, dont le chambranle était ceint de cette inscription : "Entre, noctambule arsouilleur, laisse toutes craintes et grosses têtes à l'huis".

J'étais dans la place.

La vague de bonne humeur et de franche camaraderie qui montait de la salle n'avait rien perdue de sa force habituelle, derrière son comptoir la patronne et son aide servaient à n'en plus finir des choppes de "Gras de Kundun pression", cependant que de charmantes nymphettes voletaient de tables en tables afin de servir, désservir ou resservir les gourmets qui se sustentaient de plats plus complexes et recherchés les uns que les autres, mais presque tous frits à l'huile de Kundun et accompagnés d'un rosé dont seul le sommelier semblait connaître l'origine réelle.
Au centre de la salle se tenait la table principale, ayant pour habitués un groupe de joyeux lurons toujours rassemblés autour d'un individu étrange et petit, dont l'aura bleutée faisait ressortir la pigmentation écarlate.
Plus loin sur la droite j'avisais un monceau de bouteilles de rosé et les bruits de discutions qui parvenaient à franchir la digue ainsi crée ne pouvaient qu'attester de la présence du mythique "12" que je n'étais jamais parvenu à voir, malgrés de fréquentes virées dans le cadran "CONFLANT-St-H" de la Voie Lactée ou même Alcoolisée.
Je saluais de la tête Marco, un gromono-iste convaincu qui arborait fièrement une casquette et un tee-shirt "778 DR", comme s'ils commémoraient une bataille digne d'Austerlitz, je remarquais que lui aussi portait une arme car malgrés la récente sortie du viagra et les charmes des hôtesses virevoltantes, seul un holster pouvait ainsi faire bomber son blouson jusque sous son épaule.

Avait-il lui aussi quelques inquiétudes ?

Je distinguais tout d'un coup un relent méphitique, associé à une impression de froid, qui progressait en suintant sur le plancher pour saisir traitreusement le tarmo inattentif, les conversations elle-même semblaient perdre en vivacité, le doux charme de FRM était en train d'être rompu !
Contre ma peau je percevais les vibrations de mon symbiote de combat "Bering", qui faisaient écho aux décharges d'adrénalines qui commençaient à parcourir mes nerfs, dehors j'entendais ma belle qui trépignait nerveusement, la liaison empathique qui nous reliait lui ayant fait sentir que j'étais maintenant aux aguets.
La sphère de malaise semblait trouver son centre en l'existence d'un être rabougris et contrefait, vétu de haillons dont s'échappaient des effluves en provenance directe d'Augia avant le passage d'Héraclès.
Aucun des appendices, plus ou moins préhensiles, qui partaient de la boule constituant son corps ne semblait être dans le bon sens : la "main" gauche à la place du tentacule droit et les deux choses qui permettaient de le classer parmis les pipèdes étaient en canard, mais vers l'intérieur et vers l'arrière !
Je ne voyais pas encore son visage ou ce qui en tenait lieu mais les distances prises par la patronne derrière son comptoir envers l'individu trahissaient bien que son haleine était à la hauteur de son fumet.
Car l'entité marmonait, et pas que dans sa barbe, je percevais d'ailleurs des brides de son discours : "Rien n'vas p'us ! Cépukomaven ! Maintenant ils font le Gras de Kundun à la pression, tout ça pour les nouveaux, tous des cons ineptes de bleus-bites de FRM, oui toi, toi, toi et Toi !", borborigma-t-il en direction d'une hôtesse qui émit un gazouilli de frayeur avant d'aller voleter plus loin.
L'agressivité envers les éléments de charme de la population sexuée de l'univers m'ayant toujours révolté :
"Pôv' rigolo !" me laissais-je aller à flammer.
L'entité, comme si ma pique l'avais transpercé, se retourna d'un seul mouvement flasque, trahissant l'élasticité molle et malsaine de sa personne.
Je découvris alors le bulbe informe qui lui servait de tête, d'où partaient deux lambeaux de peau mités et séboréïques au dernier degré lui servant sans doute d'oreilles.
Sur ces épaules reposaient deux cartons et l'on pouvait lire "poum" sur chacun d'entre eux pourvu que l'on parvienne à distinguer les lettres sous les plaques de pellicules dont le dépôt devait relever du travail de longue haleine pour les pilosités éparses et maladives qui tentaient d'atteindre la lumière du jour en s'extirpant des chairs boursouflées et grossièrement veinées qui entouraient sont oeil unique, conjonctif et mauvais.
Sur son front un bandeau aux trois quarts pourris revendiquait "XT fauxréveur".
Enfin d'une fente où pendaient des chicos qui ne semblaient pouvoir tenir que par l'alternatif miracle du tartre ou d'une vie propre, il éructa d'une voie horriblement crécelle et suraigue:
"Connard !"

Tout en tentant de dégainer une vieille Winshester, le C 96 se retrouva dans ma main comme si il s'y était lui même transporté: la première balle fit sauter son arme, du coin de l'oeuil je vis que Marco avait entamé un geste vers la sienne, un "Lüger Artillerie", connaisseur en moto comme en armes mais toujours aussi désespérément de "l'autre école", avant de se raviser.
Le gnôme grossier sortit alors un opinel, je tirais mon sabre d'infanterie, amenant une situation dont Rostand, Edmond, et Woo, John, avaient déjà tout dit, ce qui n'était à priori pas le cas du nabot qui poursuivait ses hurlements. La surprise et la frustration avait eu raison d'un de ses chicos qui tomba au sol non sans emmener avec lui quelques glaviots.
Un ver de terre, qui par là passait, du choc et de l'emplâtre fit les frais.
Une charmante acolyte se précipita alors de la table centrale, affrontant du gobelin la pestilentielle logorrhée, et ramenant à sa place la pauvre bête annelée, aprés l'avoir extraite de la gangue fangeuse qui l'etouffait.
Devant l'animal sur le point de passer, et sans s'être a priori concerté, on vit alors des porte-clefs Y.A.M.A.H.A. sortis par toute la tablée qui, se joignant les mains et par force incantations, provoquèrent de l'aura bleue du Gourou rose l'érection.
Dés que de la douce lumière, le lombric fut baigné, il retrouva ses esprits et, éperdu de gratitude, alla se réfugier prés de son sauveur, dardant vers son bourreau des regards inquiets et vengeurs.
Le méprisable justement, continuait à baver, sur le "Gras pression", les nouveaux et aussi ses souliers, tentant de rallier à ses tristes idées une assemblée soucieuse de garder ces distances tant hygiéniques que confessionnelles.
"Rassurez moi", glapissait-il, "dites-moi que je me trompe !".
Et allez ! aprés avoir bien bavé, les victimes il allait jouer, il est vrai que pour les couards et les simplets c'est l'hypocrisie qui tient lieu de finesse d'esprit.
Je tentais de passer le virage de sa mauvaise foi en posant le slider de la proverbiale largesse d'esprit des possesseurs de Diverfion.
"Tu te trompes, à mon avis sur à peu prés tout et depuis longtemps. Tu roulerais pas en div' par hazard ?"
Je ne pouvais pas décemment sur sa moto le bâcher, un collègue et néanmoins amis la même possédait. Mais l'éclair de vice qui traversa son oeil à présent carrément hémorragique, me fit comprendre qu'il refusait l'honorable sortie qui lui était proposée, il allait à nouveau choisir le côté obscurs et la facilité:
"En plus il est aveugle le con ! et il te fait la morale ! Apprend a lire avant de raconter des conneries ! ou d'essayer de faire le beau !"

Devant le peu d'impact de sa triste réplique, il s'approcha par soubressauts et vit mon nom, sur la lame du sabre gravé, ce qui lui inspira une ultime grossièreté:
"Au fait, c'est pas toi "JOLY" le mal nomme ?"

Tudieux, mortecouilles et putentrailles !
Depuis la cours de récré celle-là m'avait été épargnée, devant tant de bassesse à si peu de talent mélé, je me dis que cette fois, une leçon il avait mérité.
Sur la douce taverne et la docte assemblée, un silence pesant maintenant reposait.
Je décidais d'un coup ferraille et poudre rentrer, d'un geste précis, qui fit à ma lame la lueur des lanternes capter.
Le jeu des reflets sur sa sinistre face, arrachât au bouffon un piaffement salace.
Prés de l'âtre je m'approchais, laissant sur une table, mon Shoei reposer.
Vers la noble assistance alors je me tournais, du Gourou doucement l'aura bleue pulsait, signe indéniable d'attention et les yeux du 12, par ses bouteilles kaleïdoscopés, de la joute attendaient la conclusion.
"Amis, puisque de nos origines il doit être question, laissez moi vous narrer une histoire à ma façon"

Dehors, les motos, à une veillée incapable de résister, par les fenêtres de la taverne, faisait leurs têtes de fourche passer.
Et ma toute belle en cet instant comme toujours complice, amena sur moi la lumière de ces calices.

"Dame Nature comme d'habitude s'en allait travailler,
Emmenant avec elle en guise de joyeux bagage,
Dans un sac les douces âmes des nouveaux-nés,
Qu'à d'heureux couples, elle allait laisser en gage.
La distribution fut comme d'usage bien arrosée,
Et c'est avec moult lumières au fond de ces pupilles,
Qu'elle toquat à la porte de l'avant-dernière famille.
Ces gens déjà gâtés par la présence d'une tendre enfant,
Avaient évidement tout préparé pour l'arrivée du suivant.
La femme était douce et l'homme volontaire,
Et en ce cas Dame Nature savait bien quoi faire,
Me sortant de sa sacoche, à ses yeux elle m'amena,
"Et bien petit gredin, es-tu satisfait par ce logis ?"
Ne sachant que dire et trés impressionné, je restais coit,
Ce qui lui plût, sachant que je serais trés bien ici.
Avant de mon âme et mon destin à ces gens faire don,
Elle plasmodia des mâles la rituelle bénédiction :
"De ta mère tu auras la finesse des traits,
De ton père je te pare des attributs virils,
Ainsi en public comme dans l'intimité,
Tu asseras d'en haut comme d'en bas du nombril"

Et repartant toujours joyeuse, pour sa dernière livraison,
Quelle ne fût pas sa surprise s'éloignant de ma maison,
D'entendre de son cabat, sortir force cris et pleurs.
Cabat qu'elle ouvrit, craignant un terrible malheur.
La dernière âme figurez-vous s'impatientait, devenait fébrille,
"J'vais poiroter encore longtemps avant d'avoir une famille ?"
"Ces chose là prennent du temps, paix impatient galopin !"
"Ecoute la vioc, dans ton sac tu m'as mis en premier,
De toute cette bande de connards je suis donc l'ancien,
Et voulant être le mieux servi, une famille tu vas m'trouver,
De préférence avec landeau ABS et surtout enfance dorée,
Au triple galôt l'ancêtre, ventre à terre et fais pas chier !"

De ces paroles peu amènes
Nature fut justement courroucée,
Elle choisit donc son vocabulaire dans la colone "famillier",
"Entends moi bien, lamentable morveux,
Si de la bonne naissance des enfants,
M'occuper j'ai fait le souhait pieux,
Il est hors de question, tu me comprends,
Que d'une telle larve, d'un aussi lamentable bambin,
Les fées mes amies, puissent penser que je sois le larbin.
Et si tous tes prédécesseurs, ont eu en partage,
La beauté de leurs mère, et la virilité de leurs pères,
Pour toi spécialement, qui n'a pas été sage,
Pour cela et le reste ce sera le contraire !"

L'enfant fut confié à des gens ma foi trés bien,
Et il fallait qu'ils le soient, pour qu'il l'aiment,
Pas d'espoir pour leur fils il n'en attendent rien,
Car depuis le jour de son sinistre baptême,
Par le courroux de Nature, à jamais contrefait,
A la Lune parfois hurle "Poum poum l'inversé".

De cette Gentille fable une morale se dessine,
Les joyeux motards sont des grégaires passionnés,
Et toutes les motos quelques part sont divines,
Vers la meute librement tu peux toujours aller.
Ils te recevront chaques fois comme leur vrai égal,
T'emmenant avec eux pour des arsouilles jamais banales.
Mais si vers l'aigreur tu te laisses dériver,
Critiquant sans raison la tenue du terrier,
Prépare-toi bientôt à dument recevoir,
Un coup de flamme et puis va t'faire voir.
Si en plus tes erreurs assumer tu refuses,
Insultant à nouveau, prétendant au manque de finesse,
Jusqu'à la corde leur patience et tu uses,
Et la seconde correction arrive, appliquée sans faiblesse.
Mais si du meilleur de toi-même au groupe tu fais part,
Alors sans hésitation il te reconnaitront motard,
Et rayonnant ancien ou volontaire nouveaux,
Tu pourras amener ta pierre à l'édifice tarmo.

Gentilhommes, Belle dames, je vous souhaite bonne route,
La leçon et l'adage valaient ce long post sans doute.


xrV, qui récupère son casque, et se tourne vers l'assistance (béhème, note de Marco),
Pour humblement lui faire part d'une preste révérence.
Dans son salut, joyeusement accompagné,
Par toutes les motos, à la pièce associées.

( Dans le fond de la scène, les accessoiristes replacent "l'inversé" dans son bocal, recomplétant les niveaux avec le formol spécifié. )

Rideau.